vendredi 20 février 2026

Sur des œufs caillouteux

C’est un petit promontoire arboré, entouré par la mer. Une sente y sinue entre les pins et les amandiers, dont les racines apparentes servent de marchepied pour en faire l’ascension. Le promeneur y marche lentement, il hume les embruns, cale son pas sur le ressac qu’il perçoit à travers le bruissement du vent. Il sait qu’il lui faut être attentif et mesuré. Il suit, pensif, la trace d’un poète venu là il y a longtemps, dont il vient honorer la tombe. À la vue de cette stèle de pierre blanche, quelques vers lui reviennent en mémoire sous le soleil printanier.

Tiếng ca vắt vẻo lưng chừng núi,
Hổn hển như lời của nước mây,
Thầm thĩ với ai ngồi dưới trúc,
Nghe ra ý vị và thơ ngây...

Les branches oscillent et les ombres dansent sur le parterre de galets ronds. Le chemin redescend vers la mer qui enfin apparait au détour d’un bosquet. Le rivage est escarpé, les vagues frappent sans relâche les rochers cabossés et polis, que l’écume récure en bouillons gloutonnants. Il y a, entre deux frondaisons, une crique minuscule d’où l’on aperçoit la ville lointaine couchée sur la baie, qu’une reine en son temps avait pris pour retraite lors de ses séjours balnéaires. L’endroit, bucolique, invite à la paresse et la contemplation. On s’assoit donc sur le parapet dominant les flots, l’espace d’un instant, d’un souvenir, d’une strophe à finir.

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