mercredi 16 janvier 2008

Diagonales perdues

C'est à la lisière de la ville. Là, les Architectes du Plan ont étalé le bitume sur des routes sans but. On y croise, à contre-sens, des ouvriers qui s'en reviennent, et qui regardent en coin celui qui les dépasse. C'est le soir. Bientôt, on laissera la nuit repeindre la campagne.

mardi 15 janvier 2008

Chats stephants


... Well I think its fine, building jumbo planes.
Or taking a ride on a cosmic train.


...Well you roll on roads over fresh green grass.
For your lorry loads pumping petrol gas.


...Well youve cracked the sky, scrapers fill the air.
But will you keep on building higher

til theres no more room up there?

dimanche 13 janvier 2008

Hostoritarisme

Une collègue de Y., voyant sa santé vaciller et sa toux devenir rauque, s'est rendue à l'hôpital voisin pour déterminer la gravité de son état. État que le service hospitalier idoine a jugé suffisamment sérieux pour lui enjoindre de rester quelques jours alitée, le temps d'ingérer moult pilules et sirops, et de retrouver une belle voix de soprano.
Cela nous a donc permis, Y. et moi-même, de lui rendre visite quotidiennement, pour la distraire, la nourrir, et, accessoirement, pour s'enquérir de son état. C'est qu'à Saigon, on bénéficie d'un système de santé public qui ne prend en charge que la posologie. Ni les repas, ni la lessive, ni, bien sûr, les conditions d'une convalescence dans le calme et la solitude qui sied si bien aux malades en phase terminale. Ah, la douce promiscuité de la maladie ! Les râles et les regards fuyants ! Les civières que l'on fait disparaître derrière d'étranges portes battantes !
Nous n'avons jamais croisé de docteurs lorsque nous étions à son chevet, mais je les soupçonne d'apparaître aux heures non visitables. Ou, peut-être, ont-ils décidé de ne travailler qu'à la mesure de leur salaire. C'est vrai que 800 000 dongs par mois (40 euros), ça vous fait tellement croire à votre serment d'Hippocrate, que vous n'en avez plus que pour les malades et leurs souffrances. Mais allez dire ça au Ministère de la Santé !

mardi 8 janvier 2008

Vue sur l'arrière

Rétrovisions en série, sur la route nationale 1.

Bar'n'homme

Prenez un bar, un de ceux qui, peuplé et bruyant, font s'arrêter le passant qui se demande une seconde s'il ne va pas entrer lui aussi pour participer à la débauche. Il y a là un microcosme du quartier, pas mal de messieurs installés depuis longtemps, des voyageurs et voyageuses, et des apparitions succinctes.

L'une d'elle pourrait être appelée l'apparition du Mec. Le Mec pénètre dans le bar, lunettes sur le pif, teint hâlé, tatoué. Ses mécaniques roulent un peu avant de s'immobiliser dans une pose avantageuse. Il scrute, jauge. L'effet fonctionne, on tourne et détourne le regard. Il dit venir de la plage, par là-bas, où il a kiffé les embruns et le sel des rencontres. Il ne parle pas trop, juste pour attiser la curiosité. Puis il s'en va, comme cela, une torsion de jean, une épaule jetée. Le bar reprend ses allures de débit de boissons.

vendredi 4 janvier 2008

Et que la fête !

D'une journée de noces, on peut garder (au choix, ou pas) :

Les fleurs en arche autour d'une porte que l'on ne franchit qu'une fois...

La bombance où convives vivent, et boivent d'abondance...


Le regard de celui qui rigole sous le regard...

mercredi 26 décembre 2007

Vinaclaus

Bon, oui, à dire vrai, on peut tout de même affirmer que les églises ont ici fort à faire pour conjurer l'esprit de Noel, celui, dégoulinant en corniches des décorations en polystyrène des magasins, ou de ces myriades de scintillements qui poussent aux arbres, aux poteaux, aux balcons, et qui proclament le temps venu...
Noël est un auto-aboutissement.
On profite de la déco pour faire un tour en ville, au guidon, comme il se doit. Et puis on est un peu con, parce cette contemplation motorisée, on la fait ensemble par millions.
Ainsi, bloqués dans l'inextricable cohue, on nimbe le spectacle de fumées odorantes, comme pour aussi célébrer à notre façon la fête de la consommation d'énergie.
Apres tout ce barnum, on s'en voudrait de pas rentrer chez soi content, en toussant certes, mais assoiffés aussi.

mardi 25 décembre 2007

Vinanoël

Sur la route, une fontaine.
Les filles s'y ébattent comme de bien entendu, avant, farouches, de disparaître en amazone.

Giang Sinh o khach san #2

Derrière le bar, Santa en coca attend.
Celle-la n'est pas dupe, a tournoyer vers le balcon.

Giang Sinh o khach san #1

Terrasse, en l'air.
Un réveillon aux airs hôteliers.
Le vin de Dalat y est servi, blanc ou rouge, ou rouge ou blanc, ou bien.

lundi 17 décembre 2007

Gueules de bois

Statuaire aux airs debonnaires.
L'un qui rit, l'autre qui n'en pense pas moins...
Autour, des fleurs, des fleurs, des fleurs.

Bras en croix

Dalat et son lac. Y. en sémaphore, avant de parcourir les berges.
Le crépuscule n'est pas loin. Tant mieux : allons déguster un verre de vin d'ici.

dimanche 16 décembre 2007

Le len Da Lat

Touffeur des tropiques. Langueur lourde d'un climat tour à tour moite, humide, orageux puis sous la chappe d'un soleil immuable.
On imagine le désarroi d'une population à la peau trop blanche, habituée à ses printemps et ses douces tempéeratures, à cette sèche brise des côtes métropolitaines... Et que vient-elle faire là, si loin de ses terres tempérées, à exploiter l'indigène dans ces jungles infectes, où tout pique et mord ? A risquer la fièvre et un foie trop malade ?
Des malades, justement, le docteur Yersin en a déjà trop vu. Saigon a vu pulluler ces phtisiques à la peau trop jaune, à l'oeil torve et mi-clos qu'il faudrait envoyer à l'air pur et sec des cimes. Mais où trouver cela, dans ce pays d'eaux croupies, de plaines marécageuses et de forêts de caoutchouc ? Il y a bien les hauts plateaux, la-bas, vers le centre, mais les pistes ne sont pas praticables et les tribus qui y vivent n'aiment pas les intrus, surtout s'ils portent l'habit colonial.

On tergiverse beaucoup, à Saigon. On manque d'air et de villégiature. On voudrait s'extraire de cette pesanteur cochinchinoise. Alors, on prend tout de meme ces pistes et, à la fin des années 1890, on trouve enfin un coin au climat civilisé. C'est à 1500 metres d'altitude, à une douzaine d'heures de la ville. Là, l'air y est vif. Sec. Suisse. Yersin y fonde derechef un sanatorium et on creuse à main d'homme un lac pour faire bonne mesure. Le paysage est formidable, montagneux, verdoyant. Les riches planteurs y viennent de loin pour humer la brise fraîche du crépuscule, et bâtissent de grosses demeures qui leur rappellent ce pays perdu qu'ils ont quitté pour l'aventure extrême-orientale. On baptise l'endroit Dalat (car, dans le patois local, nous sommes sur le cours de la riviere Lat), et on lui ajoute une devise : Dat Laetitiam Aliis Aliis Temperiem, « elle donne aux uns la joie, aux autres le bon temps ». Et puis, comme toute bonne ville coloniale, on y construit l'essentiel : une église, une poste, un palace, un lycée qui fera la gloire de la ville, et des cafés, des promenades, un golf, une gare. Bref, une vraie sous-préfecture alpine, où l'on coule des jours sains, loin des turpitudes suantes des basses terres.

samedi 15 décembre 2007

Nho non, phai khong ?


Ah, ça ! Impossible d' y échapper ! Les affiches sont partout, et les trottoirs se couvrent de coques de plastique, vendus à la sauvette avant la date fatidique. La voix d'Hanoï a parlé, et tous d'obéir à l'injonction : à partir d'aujourd'hui, casque obligatoire ! Et point de dérogation ! Que vous soyez seul, à deux ou à cinq, il faut autant de visières.
Sinon, gare ! La police et l'armée sont sur les dents, prêts à verbaliser au premier cheveu dans le vent ! Cout de la prune : le prix d'un casque ! (soit environ 7 euros, tout de même !)

NB : ...et le plus incroyable, c'est que le peuple a suivi. Saigon voit ses rues vrombir de motocipédistes casqués, l'air grave, toujours aussi peu attentifs aux règles élémentaires du code de la route. Qu'importe ! Il y aura moins de traumatismes crâniens cette année...

Grisé, en clair

Chapperonné, coupe-rosé, et que l'on se tienne à carreaux. Quand le verre est fini, et qu'il n'y a plus de clope. Retour prochain, en un tour de clef, un tour de main.

mercredi 12 décembre 2007

Un, deux

Tiens, on s'octroie parfois dans les rues de Saigon une marche à pied, et on profite des rares trottoirs pour s'y dégourdir chevilles, ménisque et autre bassin, atrophiés qu'ils sont par toutes ces courses sur selle de bécane.
Et la, stupeur ! L'oeil n'a plus cette aisance à saisir la lente cadence, le pas, la mesure.
Et, parfois, il tombe sur une vue impromptue.
Youpi, une photo.

samedi 8 décembre 2007

Buc Tuong Dien Thoai

Ces murs qui disent : "on rase gratis" à coup de pochoirs où dégoulinent les numéros. Appelez-les et soyez sûrs de vos décombres. Dessus, on construira bientot une tour, deux tours, trois tours et puis s'en vont...

jeudi 6 décembre 2007

Soir, pair, et passe

Tableau tripartite : d'abord, la béquille et ce quart de tour pour partir. Puis chevaucher l'engin qui vrombit au premier tour de clef. Enfin, la fuite entre ces ruelles labyrinthiques vers une sortie plus lointaine.

lundi 3 décembre 2007

Bridge over troubled water...

La périphérie d'Ho Chi Minh-ville ne fait pas naufrage, non. Elle ne sait plus trop quoi faire de ces terrains, vagues, où pousseront les grues...