vendredi 16 avril 2010

Monolithisme

Encore une tour, direz-vous. Certes, encore une tour, une de celles qui se dressent dans le centre, et qui surplombe les monuments alentour.
Encore une tour, et encore une attraction : ce sont les yeux vers le ciel, cette tension de la nuque, cette vision en travelling, qui monte et monte encore.
Encore une tour, saisie la nuit, bleu un peu roi et gris pas vraiment souris.
A la réflexion, peut-être même qu'il y a encore une tour, une autre, cachée derrière la première ?

jeudi 1 avril 2010

Le bout du toit

Vous savez, c'est cette heure qu'on appelle creuse. Celle qui, c'est certain, doit se trouver vers le milieu du cadran, quand on ne parvient pas à dormir et que l'on cherche les aiguilles dans le noir. C'est à cette heure-là, donc, que nous nous trouvons sur ce toit, seuls, et que devant nous brillent les mille lueurs de la ville. Et l'on peut prendre le temps de les compter, parce que, étrangement, le paysage est immobile, absolument inerte, même lorsque l'on fait un pas de plus vers le bord. Rien ne bouge, rien ne clignote, tout est figé.
C'est le creux de l'heure, et rien ne se passe.
On se contente de compter.
Il y en a tant, devant nous.
Des lumières.

vendredi 12 mars 2010

Clapiérisation

C'est d'empilement qu'il s'agit.
Un jeu de construction grandeur nature, pour caser le monde à venir.
Avec, c'est sûr, une vue imprenable sur le voisinage.

mardi 2 mars 2010

Crossblogization

Tatatatat...
Juste une mention croisée, ça et là.
Parce que la photo est jolie, non ?
Et parce qu'un billet si vite écrit,
Aussi...

lundi 1 mars 2010

Au goulot !

Soir et nocturne,
le moment où les teintes liquoreuses prennent l'éclat de toutes les ivresses,
et où l'hôtesse
saura remplir la coupe que la lie, bue en une pénultième rasade,
colorera de carmin ces lèvres desséchées.
Vite, que l'on attise la soif, que l'on serve à nouveau !
C'est moi qui régale !


dimanche 21 février 2010

Instant portrait

Pour cela, il faut une banquette de bois posée devant la maison, une canette de Root Beer préalablement ouverte, et une voisine espiègle et facétieuse. Laissez agir quelques temps, puis, muni d'un doigt et d'un déclencheur, saisissez le moment qui convient.

vendredi 19 février 2010

La closerie

Mettez m'en tout autour de la maison, que je me sente chez moi, sitôt franchi le portail.
Je veux une demeure enceinte, et inviolable.
Et je suis prêt à monter aussi haut qu'il faudra, m'entendez-vous ?

mardi 16 février 2010

Prises de Tet #9

«Et que verrions-nous, si l'on n'avait pas abattu ces murs ? Nous en serions réduits à la promiscuité obscure d'une arrière-salle abandonnée. Mais là, nenni ! Là, c'est la clarté du jour qui vient jusqu'à notre table ! C'est le regard des passants qui nous interpellent ! Et c'est nous qui interpellons en retour, pour une chopine de bière à partager entre voisins ! Alors, de ces gravas qui s'amoncellent, je dirais qu'il en faut davantage, et que ces murs encore droits, ces cloisons oppressantes, il faut les mettre à bas ! »

samedi 13 février 2010

Prises de Tet #8

C'est dans l'antichambre, à l'heure crépusculaire où passent les hôtes. On y prend le thé, en causant d'indolence, pour célébrer le temps passé à attendre celui qui vient.

mercredi 10 février 2010

Prises de Tet #7

Ces deux-là, pas bien grands,
En suspens, donnent le la :
La fête, bientôt, la fête,
Et l'année nouvelle, et l'année finie,
Et le tigre qui rugit.

dimanche 7 février 2010

Prises de Tet #6

«Oh, si je suis assise là, c'est parce j'y suis boulonnée. Enracinée, même. Je suis la conscience du quartier, la commère et la Pythie, la vigie et la mémoire. J'embrasse mon coin de monde, que je connais mieux que personne. On ne vient pas de loin pour me consulter, non, mais de tout près, des maisons en face, à côté, là et là, et là-bas peut-être aussi. Plus loin, je n'en suis pas sure. En tout cas, personne ne m'en a parlé. Alors, moi, sans qu'on vienne me dire ce qu'il y a ailleurs, je sais que je ne peux rien en dire... Il doit y en avoir une comme moi, c'est sûr, assise comme moi, les jambes plantées en terre, et qui regarde son coin et qui le connaît comme sa poche, et qui écoute et qui donne ses conseils. J'imagine même qu'elle a entendu parler de moi... »

vendredi 5 février 2010

Hangover

Eh quoi ? N'a-t-on pas le droit, comme cela, d'exprimer en trois temps le récit de Damoclès ? Et, pour bien traduire le propos, d'insister sur le fait que les cintres sont des prédateurs dont il faut se méfier.

mardi 2 février 2010

Au cap !

Juste cette écume si blanche sur cette onde si noire.
Le bateau oblong file vers la mer, là-bas, à quelques encablures.
Un trait d'albâtre qui s'efface sitôt les eaux calmées.

samedi 30 janvier 2010

Damiers... Hommiers ?

JustifierBon. C'est simple. Tu as une photo assez neutre. Un pan de ciel, un bout de paysage, une palette de couleurs diurnes. Une photo comme tu en as fait déjà plein, comme on en fait encore aujourd'hui, pour sûr.
Bon. C'est simple. Fais-en autre chose, triture, coupe, cadre, recadre, recoupe, filtre, et hop, tu publies, vite, avant de penser à autre chose.

lundi 25 janvier 2010

Cho Lon, ou le bazar

Je sais : l'inoccupation est un vilain défaut. Certains disent même : l'oisiveté, comme s'ils avaient l'expérience de battre les ailes pour rien.

Et pourtant, que de survolage du quartier, à coup de recherches verbales et visuelles, pour pondre le troisième volume ! Il est là, après les deux premiers. Et, bien sûr, il est d'un usage éprouvé ! A vous de voir sur place...



lundi 18 janvier 2010

Canopée, Séléné

Oui, il s'agit bien de la nuit sous les cocotiers. Et de la brise marine qui bruit au rythme lent des palmes doucement secouées. De la quiétude - vous vous en seriez doutés - du lieu, lorsque l'on pose l'appareil ; lequel va, en secondes égrenées dans le silence, saisir les photons épars de la scène nocturne...

lundi 11 janvier 2010

dimanche 10 janvier 2010

La vigie

«Pourquoi je suis assise sur le parapet ?... j’y suis assise depuis l’aube, vous savez. Et comme l’aube, chez nous, c’est toujours au même moment, je suis là tous les jours au même moment, quand le soleil se lève. (Un temps) Quand il se lève, il n’y a pas autant de bateaux, je peux vous dire. Mais ils finissent toujours par revenir et mouiller là. (Un temps) Celui que j’attends, moi, il est pas trop loin du bord. (Un temps, long) Mais il n’arrive pas toujours au même moment que les autres. Je sais pas, il a un rythme à lui. Et quand il est là, finalement, moi, je me lève, et je vais voir ce qu’il a rapporté. Je me lève du parapet, je descends sur la grève, et je lui fais signe, et toujours il me répond, et puis on remplit la plage de paniers, et lui il va se reposer, un peu plus haut, pas aussi haut que moi, mais presque, là où on dort d’habitude, et la plage est toujours remplie, et la journée se passe comme ça, sur la plage, ou plus haut, ou plus au large. Et tout ce temps, le parapet, personne n’est assis dessus, je peux vous dire.»

jeudi 7 janvier 2010

Et d'une

Difficile à expliquer, cet attrait des dunes. On pourrait arguer du fait qu’ici, il n’y a personne, et que seul le vent vous souffle sa plainte à l’oreille, que le sable, brûlant déjà, vous érode la plante des pieds, que l’on y laisse ses empreintes comme pour signifier l’importance de son passage (même si l’on est pas dupe : sitôt parti, ces traces disparaissent pour laisser au prochain l’illusion du pionnier), qu’enfin, un bout de désert, c’est un soupçon de danger à peu de frais, et une évasion certaine de la verdure envahissante.

C’est pour cela que l’on retourne aux dunes, pour s’y perdre juste le temps qu’il faut pour aimer s’y retrouver.