dimanche 26 janvier 2020

An Original Cub Rider

Oh, il m'a fallu du temps pour l’arrêter. Lui quémander une photo. Avoir un profil. De lui. De sa Cub rutilante. Aujourd'hui, chance. Le voilà d'humeur primesautière. Normal. Ce sont les vacances de printemps. Le temps des meilleurs atours. Alors il se permet un temps d’arrêt. Deux temps. Quatre temps, même. Mais le moteur tourne. Il lui faut vrombir bientôt. On fige donc l'instant. 
Le mur. Le casque. La chemise. Le pantalon. La Cub.
Les lunettes, enfin.
Bien sûr.

Et le voilà reparti.

samedi 25 janvier 2020

Prises de Têt #27

Où l'on retrouve, bien sûr, nos deux plus célèbres larrons.
Một – Hai – Ba – Dzô!

Prises de Têt #26

Le monde ! 
C'est le monde ! 
C'est tout le monde qui arrive enfin !

Prises de Têt #25

 Quelle année déjà ?
Ah ! Celle du rat !
Dont acte...
 

Prises de Têt #24

Quand on commence, il y une table dépliée.
Une table dépliée là, dans la salle principale, qui donne sur la rue.
La salle est ouverte à tous vents, et c'est le vent du Têt qui souffle.
Les chants s'ensuivent, ouverts aussi à toute la rue. 
Têt oblige !

dimanche 19 janvier 2020

L'azur à pic

De ce clocher qui perce le ciel, ce ciel si souvent bleu surplombant cette cité du sud, ce sud perclus de clochers aigus, on ne retient que le rose vif de ces parois, et le blanc un peu cassé de ses moulures, de ses rosaces et ses corniches. 
Mais, quand il se pare de mille lanternes rouges et ors, là, on ne peut que s'abriter sous les lignes de fuite et tenter d'attraper le fil d'une perspective. Une de celles qui, en rouge, en or, mène au blanc un peu cassé du ciel, ce ciel si bleu des cités du sud perclus de clochers rose.

dimanche 29 décembre 2019

Ménestreal

Il est là, il joue, adossé au cadre d'une fenêtre qui n'existe presque plus.
Ou alors, dehors, sur quelque marche d'un escalier aérien.
Mais que, tout soudain, il faille arranger le décor, là, le voilà désaccordé.
Sans pour autant que cela lui déplaise !

dimanche 22 décembre 2019

Stopping it

C'est un coup d'essai. 
Un voyage en ascenseur, jusqu’à la terrasse. 
Et, du haut des 18 étages de notre immeuble, en pleine lumière d’après-midi, cela :
Trépied. 
Filtre ND 8 stops. 
Exposition à 2.5 secondes. 
Déclic.

jeudi 12 décembre 2019

En garde

Aux portes. 
Aux regards. 
Aux brasiers. 

Le convoi

Ce qu'on voit.

Terracotta kilns


Ces fours-ci, pour s'y rendre, c'est toute une expédition. 
C'est qu'ils se trouvent à Vinh Long, dans le delta. Que pour y parvenir, il faut donc traverser deux des neuf queues du dragon, à dos de bacs, tout en veillant à ne pas sombrer dans la torpeur des basses terres, et à cajoler notre guide à coup de bières et d'alcool de riz. Notre véhicule aussi, tout terrain soit-il, n'est pas exempt de soin. Comme le soleil darde, que la route nidifie, on regarde les jauges avec attention, on inspecte nos suspensions. On s'arrête régulièrement. On mesure ainsi l'étendue si vaste, verte et brune, du grenier à riz du Sud.
De Vinh Long, nous ne verrons que des rues laborieuses et affairées. Nous quittons vite le centre de la ville, pour suivre une piste le long du fleuve. Ça et là, des hangars tantôt pleins, tantôt à l'abandon, et des monticules de brique en grappe : des fours, donc, qui ne fument guère. 


La saison n'est plus aux grosses commandes, mais il faut tout de même vérifier l'ordre des jours avec nos fournisseurs, et leur donner l'accolade. Ils nous accueillent de bon gré, et nous pouvons ainsi rendre hommage à ces éminences rouges qui vallonnent par-ci par-là l'horizon si plat de la région.
De briques assemblés, ils offrent dans leur chambre haute de quoi cuire de bonnes charretées de pots, alimentés qu'ils sont de pelletées de gangues de riz séché. 
Toujours avides de terres à cuire. 
Nous en voyons certains à vide, et d'autres qui embrasent, qui consument, qui calcinent, qui flambent, qui carbonisent. La terre modelée à l'intérieur y durcit en brunissant, puis en devenant presque blanche. Elle en sortira toute figée, en formes contenues. On alors, elle craquera sous l'assaut des flammes, et retournera, brisée, dans les eaux du delta. 
Le dragon, alors, saura bien s'en charger. 

Quant à nous, nous retournerons à Saigon l'esprit serein, pour un temps, sachant les fours éteints bientôt. 
Le Têt arrive bientôt.   

mercredi 4 décembre 2019

Terracotta sprint

Des empilements, il faut en faire des lignes. 
Et puis, nanti d'une patience de Sphinx, d'une insensibilité à la touffeur ambiante, d'une détermination sans faille, de cartons et de sangles, procéder à l'emballage, pot après pot, vase après vase, pour préparer ensuite les palettes. 
Le mieux encore, c'est de se mesurer l'un l'autre, pour savoir qui des deux finira sa ligne en premier. Histoire de.
C'est un jour comme un autre, dans le hangar de Dong Nai, près du fleuve éponyme.

mercredi 13 novembre 2019

Sorti des presses

Voilà, enfin, le portfolio achevé !
Ne manque donc que l'ouvreur de ces pages...

jeudi 24 octobre 2019

Négamodelage

D'une figure de Christ inversée, on pourrait en concevoir un AntiChrist. 
Quid, alors, d'une interversion du Bouddha ?

vendredi 18 octobre 2019

Dépôt des poteries - Les Alchimistes


À l'extinction des feux, les silhouettes émergent des nuées, et reprennent relief. Ils laissent là les fours refroidir lentement, et vaquent à d'autres occupations. C'est qu'il faut maintenant arroser, tamiser, presser, affiner la glaise. Puis en faire les pains qui serviront à la poterie. Plus loin, on inspecte les moules, on nettoie les tours. On remplit les baquets à vernis. On retend les arcs à découper. On a aussi de nombreux pots à retoucher avant chargement. L'humeur est légère, maintenant que les flammes sont, pour un temps, soufflées.


vendredi 4 octobre 2019

Dépôt des poteries - Aux fourneaux

Il faut prendre des chemins de traverse, couverts de poussière, pour y parvenir. Au détour d'un abrupt virage apparaît soudain une enceinte de hauts murs de brique, au delà de laquelle on devine des toits de tôles rouillées, noircies par les ans. L'odeur de bois brûlé est lourde et pénétrante. On frappe quelques coups sur un portail cabossé, qui s'entrouvre à peine pour nous laisser passer. Dedans, un monticule argileux bloque la vue. Il faut gravir une pente et, soudain, se courber sous un appentis pour aboutir enfin à la plate-forme de ronde, couverte de terre rouge, au sol irrégulier, qui embrasse les fours.


Les fours fument. Les fours brûlent. Les fours sont pleins. Les fours sont scellés. Autour se pressent des ombres qui surveillent la fournaise, et l'alimentent de bûches et de fagots. Le bruissement sourd du brasier résonne sous le pied. 
Nous voilà de nouveau captivés par l'alchimie du lieu. 

lundi 30 septembre 2019

Dépôt des poteries - Premières rencontres


Sous ces regards-là, on s'en voudrait presque de devoir s'astreindre aux devoirs du lieu. A les voir, immuablement sages, l’activité incessante de l'usine et de son hangar prend un tour sisyphien. 


Mais on ne s'appesantit pas trop. Un carton d'emballage suffit pour envoyer ces têtes-là sourire ailleurs. 


Bien ailleurs.