samedi 1 juillet 2023
Capitale ascension
jeudi 9 mars 2023
Prise rapide
En gros.
Oui, d’autres choses aussi, mais n’ergotons pas.
En gros, on touille tout ça, et boum, à la truelle, c’est du béton. Béton qu’on applique, qu’on applique encore en couches successives, sur les parois déjà lubrifiées des moules placés en file indienne sur les établis, pour qu’en deux coups de cuillère à pot, paf, on obtienne de jolis récipients tout gris et tout bien proportionnés. Apres, on les laisse sécher et durcir, puis on les égalise, on les retouche un peu, on polit, on enduit d’un peu de cire ces surfaces girondes ou bien rectilignes avant de les laisser s’amonceler aux quatre coins de l’usine.
Pas d’inquiétude ! Ils trouveront preneur, et seront soigneusement emballés pour une expédition par cargo, sur toutes les mers qui nous séparent des ports lointains…
mercredi 8 mars 2023
Plastic fantasies
Entrez, entrez, dans l’atelier des polymères ! Polystyrènes, polyéthylènes, polyesters, oui, on y polymorphise sans retenue aucune ! Alors, que voulez-vous donc ? Quelque chose d’arrondi, de bombé, de galbé ? Ou bien du saillant, de l’anguleux, du vif aigu et rugueux ? Tout est possible, tout est façonnable. Oui, voilà, ajustez bien votre masque, c’est que les émanations de nos moules de fibre de verres sont assez délétères.
Ah, et restez bien à distance des postes de polissages, nous pulvérisons sans vergogne particules et fragments dans nos rideaux aqueux. Bien bien, là, venez vous faire une idée des couleurs et les textures, que vous puissiez choisir les surfaces plastiques qui vous siéront ! C’est par ici, oui, après les fûts de nos matières premières, et des bidons de polyuréthanes…
jeudi 2 février 2023
lundi 30 janvier 2023
Prises de Têt #30
Oui, il faut bien les réveiller, les secouer, les abrutir de gongs et de cris, tous ces esprits pernicieux qui se cachent dans les mille recoins de l’usine. C’est que le Têt est passé, que l’année recommence, qu’il faut faire place nette et table rase. Alors ouste ! Ouste ! Que les lions sautent et rugissent, et que s’envolent spectres et fantômes !
dimanche 29 janvier 2023
Upper floor
Tant mieux.
Ils ont des binocles et de la ville à bigler.
Il y a une photo à prendre aussi, par une autre lucarne.
jeudi 26 janvier 2023
Des racines et des vagues
lundi 23 janvier 2023
And the winter is...
dimanche 1 janvier 2023
vendredi 25 novembre 2022
Archiville
Bref, du beau design pour le plus grand plaisir du promeneur féru de prouesses urbaines, surpris tout de même par cet éclectisme disparate, dans une ville si fière de ses stricts codes de conduite.
jeudi 24 novembre 2022
Astronomie balnéaire
Où enfin l’on s’aperçoit, avec émerveillement teinté d’effroi, qu’il y a, loin, très loin là-haut, myriades de rivages que viennent lécher des océans d’hydrocarbures inconnus, sous des cieux aussi constellés que celui-là, mais qu’en revanche ce palmier-là est bien le seul et unique à être planté là, devant nos yeux éberlués et incrédules, tandis que les flux de marée viennent caresser nos pieds enfouis dans le sable.
mercredi 23 novembre 2022
Rocs en stock
Encore une histoire de baratte et de mer de lait, tout ça. Mais les démiurges à l’œuvre ne sont pas des entités célestes qui ourdissent depuis leurs nuées Mythes et Créations. Non, c’est plus prosaïque. Du magma, de la fusion, des éruptions, et des îlots qui pointent au-dessus de la surface des eaux. À Pulau Sibu, les roches pyroclastiques ont toute latitude pour rivaliser d’atours stratifiés, en teintes rose, ardoise, brunes ou bien rouilles.
lundi 21 novembre 2022
L'île du jour présent
Une île au large de Johor, luxuriante et montueuse. Une île presque vierge, qu’on aborde en canot à moteur et sur laquelle on prend pied dans une anse à couvert de la brise. Là, quelques bungalow tressés de palmes blottis à l’orée de la jungle, un réfectoire de planches décaties, un groupe électrogène, une citerne et des cuisines. Quelques jours et quelques nuits à la marge du monde…
dimanche 20 novembre 2022
Urban Pantone
Les peintures sont semble-t-il toujours fraîches sur les anciennes façades singapouriennes, si bien que de pittoresque la ville prend parfois des allures un peu toc. C’est pourtant un effort éminemment louable que de vouloir entretenir et conserver ce patrimoine historique : bâtiments administratifs d’inspiration victorienne, shophouses aux arcades régulières, maisons de maître entourées de jardins, tout est prétexte à coloriage vif et bariolé. Pour autant – et c’est heureux –, aucun ripolinage ne peut masquer le fait que la cité s’est construite sous ces latitudes propices aux suintements, aux moisissures, aux érosions tempétueuses. Sous le vernis se révèlent toujours l’usure de l’usage, la patine tropicale des rouillures et des racines.
vendredi 7 octobre 2022
Werehouses
C’est qu’il en faut, de la place, pour emmagasiner la production, avant qu’elle ne soit conditionnée pour son grand voyage sur les porte-conteneurs. Coup de bol : des hangars inoccupés, ce n’est pas ça qui manque dans la province de Dong Nai. Nous prenons donc pour quelques semaines nos quartiers dans une ancienne usine de fabrication de granulés alimentaires pour gaver la volaille, dont les parfums lourds corrompent l’air poussiéreux.
Cette épaisse atmosphère donne le la. On bosse sous les structures de métal disjointes et rouillées avec hâte, on ne chicane pas, on veut vite finir son quart et sortir à l’air libre.
Temporaire travail…
jeudi 11 août 2022
À l'école des buildings
La ville possédait en son centre un crayon tout pointu, à propos duquel on recouvrit, lors de son édification, de belles pages de critiques acerbes et de louanges bétonnées. Toujours bien taillé, ce totem vit apparaître à sa gauche une gomme toute lisse et toute propre, qui vint fort opportunément effacer trois décennies de domination graphique, au tournant des années deux-mille. Las ! Voilà qu’un troisième immeuble grappe-ciel, blotti tout contre la gare, veut à son tour faire état de son auguste silhouette, à coup de poutrelles d’acier.
Qu’allons-nous donc voir se dessiner à la droite de notre trousse d’écolier ? Un double-décimètre ? Un Stabylo ? Ou bien alors, pour faire bonne mesure, un jeu d’équerre, un rapporteur ?
Une chose est sure : en-deçà, les toits hérissés de cheminées de brique n’en font pas grand cas. Ils ont pour eux la multitude, et l’embarras du choix.
lundi 8 août 2022
jeudi 4 août 2022
Pas de deux à quatre pattes
De ces allées plantées de mûriers et de platanes on a déjà tant dit qu’il serait vain de ressasser ces vieilles lunes. Pour autant, puisqu’elles sont toujours là, toujours échevelées sous mistrals et tramontanes, un peu ravinées par les grosses pluies et les incessantes allées et venues des tracteurs, des remorques et des voitures ; puisqu’elles raccordent le mas et la ferme aux portes du domaine, empruntées tous les jours par des grappes d’enfants, des promeneurs solitaires, des visiteurs du matin et du soir ; puisqu’elles sont les artères campagnardes par lesquelles s’égrènent les récoltes ; pour tout cela il faut encore évoquer le sentiment de plénitude qui saisit celui qui revient après une longue absence, qui emprunte ces routes de terre rousse et de caillasses pour retrouver un parent, un cousin, un frère ; et, le pas tranquille, il lui arrive parfois de s’arrêter un instant, pour goûter la lumière et la caresse du vent, scruter la ligne d’un horizon victorieux, humer les parfums de garrigue et de pins ; il finit toutefois par reprendre sa marche, car on l’attend quelque part, là où la table est mise, le vin déjà versé, le pain déjà rompu.
dimanche 31 juillet 2022
Portraitures
Qu’y puis-je, si le sujet est exactement à la portée du téléobjectif, et qu’il présente – par trois fois – son meilleur jour ? Eh bien, je le saisis au vol, en fait un triptyque, et c’est bien fait pour lui !
samedi 30 juillet 2022
Vers les cimes
C’est de l’arpitan. Du franco-provençal, si vous préférez, et cela signifie « pré, pacage, prairie ». On s’en serait douté, au vu de la topographie. Pour autant, cela fait bien longtemps que ces terres arables ne sont plus cultivées, et qu’elles ont été vendues au plus offrant, pour y bâtir de fastueux chalets, à quelques bornes de Chamonix. Les Praz, c’est aussi une petite église chapeautée comme une aiguille, au pied de laquelle on peut s’étendre sur l’herbe et goûter le soleil. Bien au-dessus, les parois grises du Dru s’élèvent vers le ciel pour se dissoudre dans les nuages. Cliché alpestre, sans filtre.

















