Laissons-le à cette sage immobilité, tandis que les reflets du couchant sauront peut-être lui répondre...
mercredi 21 juillet 2010
Perplexite alpine
mardi 20 juillet 2010
C'est assez
Le Trias ? Oui, le Trias, vous situez ? Cette période durant laquelle la Pangée fut disloquée ? Ouvrant l’océan que l’on appelle à présent l’Atlantique, donnant naissance aux continents africain et américain ? Oui ?Bien.
Voici, donc. Deux continents qui s'éloignent et deux versants océaniques qui se font face. Deux versants, et plus encore de côtes, de falaises, de plages. Et du sable aussi. Plein. Du sable sur lequel viennent gambader des archéosaures – de vieilles bêtes dont je vous laisse imaginer la forme. Elles passent par là, y laissant des empreintes qui seront ensuite recouvertes de sédiments, par couches successives, avant d’être violemment soulevées de plusieurs kilomètres par un accident géologique. C’est que ce jeu de plaques mouvantes provoque mille et un plissements, et que le terrain se gondole, monte, descend, s’incline, ne rompt point, parfois. Et qu’il se retrouve intact, à mille lieues de ce qu’il fut, dans le massif alpin.
Alors, par affleurement, revoici ces traces laissées par des créatures enfouies sous tant d’histoire, presque intactes sous les neiges de maintenant, là ou, un peu plus bas, les génisses helvètes eurent tout loisir de paître il y a moins d’une centaine d’années, sur le plateau dit « des Mossons » - on cause patois aussi dans tous les cantons du Valais, et ces génisses-là s’appellent ainsi.
Bref.
Ce n’est finalement que le 23 août 1976 qu’un géologue du nom de Bronner découvre sous un névé d'étranges traces : d’abord, des ondulations créées par d'antédiluviennes vagues, puis des empreintes de reptiles disparus, pesant peut-être dans le quintal et mesurant 2 a 4 mètres. Ces sauriens primitifs semblent pour l’instant échapper à toute classification. Aussi, si vous en avez une idée plus précise, n’hésitez pas.
Vu ?
dimanche 18 juillet 2010
L'herbe sous le déjeuner
vendredi 16 juillet 2010
Serre-tête
mardi 13 juillet 2010
jeudi 1 juillet 2010
A chaque carrefour
Il y a là, pêle-mêle, toutes les figures que l’Histoire aime retenir dans l’écheveau de ses récits : des empereurs guerriers issus de la piétaille fondateurs de dynasties séculaires, des poètes illuminés prophétisant de nouveaux âges d’or, des pamphlétaires nationalistes bannis de l’intelligentsia, des professeurs diplomates familiers de toutes les cours d’Asie, des stratèges militaires avides de conquêtes et de brocards, des mandarins barbichus ourdissant des complots à l’ombre des pagodes, des sœurs inséparables et rebelles boutant le Chinois hors du pays, des chefs communistes hissés au rang de président, des gens de plume à l’imagination épique et au verbe mystérieux, des monarques anciens bâtisseur d’empire, des révolutionnaires martyrs tombés sous les balles de l’envahisseur, des chimistes observateurs du vivant et adeptes de la vaccination, des chercheurs de microbes et de toutes sortes d’antidotes, tous éparpillés au coin des rues, sur de petites plaques bleues qui servent de repère aux citadins affairés, qui n’ont que faire de toutes les histoires cachées derrière ces noms illustres.mardi 22 juin 2010
samedi 19 juin 2010
D'une seconde à l'autre
Mais ce qu'elle pense.
Qu'en pense-t-elle?
Elle, pas moins.
Et, moi, moins que rien,
Moi ? Rien.
Qu'en pense-t-elle?
Elle, pas moins.
Et, moi, moins que rien,
Moi ? Rien.
dimanche 13 juin 2010
Les excuses du refus - lexicologiques
Qu'on définit ainsi : Élément d'ordre (généralement) mental qui incite à agir ou, selon le cas, à réagir (en fournissant, le cas échéant et à posteriori, une justification de l'action ou de la réaction). Et mieux encore : De croire, de voter; (n'avoir aucun) motif de se plaindre.
dimanche 9 mai 2010
lundi 3 mai 2010
L'aérodyne
D'aucuns disent que cela vient de l'orient. Que les vents là-bas charrient des dragons de papier, et que, de fil en aiguille, ces têtes serpentines ont fini par éclore ici aussi, au gré des couvaisons que les caravanes égrènent.C'est peut-être cela, parce que ce « cerf» qui prétendument vole, et dont nul ne saurait compter les cors, n'a rien du cervidé. Non, c'est au saurien, plutôt, qu'il faut demander des comptes, parce qu'à tout prendre des routes venues du sud, cette chose volante, appelée «serp volante» évoque davantage des têtes vipérines sur les cieux ombrageux.
Un petit scarabée cerf-volant, vrombissant et bien vivant, qui, si petit soit-il, assume une bien grande métaphore.
Qu'y voir, donc, sur ces berges dégagées, prêtes à l'envol de ces toiles tendues ? Juste les ficelles, celles dévidées et celles du métier ?
Libellés :
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Saigon,
Vietnam
dimanche 2 mai 2010
mardi 27 avril 2010
Chez ce cher Ignace
Celui par qui la Compagnie de Jésus, un beau jour de 1540, naquit pour essaimer de part le monde, en maniant si adroitement le Livre et le Sabre. Et que l'on retrouve ici, bien plus tard, en terre saigonnaise, dans ce havre caché derrière les hautes palissades de la rue Ton Duc Thang, un peu décatie, certes, mais si prégnante dans ces séminaires à l'usage du monde.
Très cher Ignace, vois donc ce que l'enseignement est devenu ! L'heure n'est plus aux conquêtes, mais à la concorde. Alors, de ces visages fixés dans la pierre, reconnais donc le chemin à parcourir : il faut marier le regard des évangélistes barbus à celui des glabres défenseurs de la fin de l'histoire. Et tout cela dans le confinement de ton université, oui, sise dans les murs de la congrégation Saint Joseph dont, certainement, tu n'as pu franchir le seuil.
jeudi 22 avril 2010
Boutures de récit : la chute de Gia Dinh
Un peu plus haut sur la rivière, c'est un soulagement. On psalmodie encore toutes sortes de prières, on invoque tous les génies du lieu, et l'on guette l'arrivée du silence. On s'affaire aussi, dehors, car il y a fort à faire : il faut soigner, bénir, enterrer, et se garder de crier victoire trop tôt. Tous ces missionnaires en soutanes légères accueillent les conquérants avec de grandes démonstrations d'amitié. Ils voient le sang sur les armes et les corps, et se hâtent d'expier tous ces pécheurs venus pour les sauver. Ils sont saufs, oui, mais ils ne sont pas saints. Ils savent qu'un chapitre de douleur vient de se terminer, et qu'il faudra du temps pour taire les rancunes.
1860. Les Marsouins, les fantassins, les portefaix, les ouvriers, tous pataugent pour édifier au plus vite les baraquements de la Caserne. Un peu plus bas, vers la rivière, les missionnaires aussi sont en plein chantier. Il faut bâtir pour effacer les traces encore visibles des combats de l'an passé. On cuit les briques qui, sitôt sorties des fours, viennent s'empiler en bâtisses moulurées de stuc.Il y a là le couvent, le séminaire, la basilique, le dispensaire, les communs. Et tant pis si le goupillon et le glaive sont si proches : il faut bien se tenir les coudes, d'autant que la perfide Albion n'est pas bien loin, et que l'on craint toujours les canonnières britanniques.
Alors, de caserne en église, voilà que se dessinent les premiers bâtiments de Saigon, tandis que, plus à l'ouest, au-delà de la Plaine des Tombeaux, bruit toujours le bazar chinois, illuminé de ses lanternes et de ses nombreux charmes.
lundi 19 avril 2010
vendredi 16 avril 2010
Monolithisme
Encore une tour, et encore une attraction : ce sont les yeux vers le ciel, cette tension de la nuque, cette vision en travelling, qui monte et monte encore.
Encore une tour, saisie la nuit, bleu un peu roi et gris pas vraiment souris.
A la réflexion, peut-être même qu'il y a encore une tour, une autre, cachée derrière la première ?
jeudi 1 avril 2010
Le bout du toit
C'est le creux de l'heure, et rien ne se passe.
On se contente de compter.
Il y en a tant, devant nous.
Des lumières.
vendredi 12 mars 2010
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