lundi 12 novembre 2007

Seagull ***

Pour faire le tour (non-exhaustif). Chambre d'hôtel. Avec moquette dans Resort bord de mer. Eau chaude dans robinet eau froide. Du billard à la télé. Tongs à peu pres permanentes le jour. Mais pas la nuit. Silence. Ressac. Repos.

samedi 10 novembre 2007

Bang Bien

Port de pêche aux contours imprécis. Bateaux ancrés maintenant, parce que le jour est trop entamé pour la mer. La route passe au-dessus, trafic de bus et de camions, bruits incessants, tandis qu'en contrebas on remaille les filets. Pas de doute, deux mondes s'opposent ici.

vendredi 9 novembre 2007

Surplombage

Y. lui a demandé le chemin, qui pour moi allait par là, mais qui pour lui allait ailleurs. Il avait encore une clope au bec, quand il nous a fait signe de le suivre. Mais il est tout de suite dirigé vers nous, puis nous a depassé. Il marchait là ou nous avions marché, et puis, insensiblement, s'en est demarqué, a allumé une autre cigarette, a poursuivi à flanc de coteaux, au-dessus. Revoir d'au-dessus le chemin parcouru. L'onde sableuse comme un vers de sable brun, le relief écrasé sous nos pas dangereux, corniche qui tombe, précipices à portée. Et puis, non, on remonte encore. On voit où l'on va, là-bas. On lui dit arrête quand on est bien sûr, mais cela suffit, il y a assez d'empreintes sur le sable. On ne se perdra plus.

Sables rugueux, a voir



Ve Mui Ne

Un ruisseau indiqué sur une carte. Des tongs sur le sable qu'on finit par quitter lorsque l'on baigne ses pieds dans l'eau, sableuse, brune, que l'on remonte, à contre-courant, et que du rouge, au bord, parcimonieusement, glisse dans l'onde opaque.

Plus loin, en amont, des rizières bordées de terre, et des troncs bleuis.

Des maisons gouvernent le rivage, où, plus loin, la lande désertique souffle contre quelques murs de parpaings. L'arrière-pays se bâtit aussi, malgré tout.

samedi 3 novembre 2007

Fly fly Japan


Merci à Martine, qui se promène de blog en blog.
Elle a compris, aussi. Sayonara, Nihon !

Siéger au KIX

Kansai Airport. Hall d'embarquement. Passagers en attente, assis, trompant l'ennui, sans battre le pavé. Départ prochain pour Saigon, via Inche'on. Voyage en dent de scie, alors.

Shin church

Reflet impromptu du côté de Shinsaibashi, surpris par R., qui, un soir d'ébriété commune à la saison, s'y arrête. Il m'en fera part quelques jours plus tard, et ne résistera pas au plaisir de m'y emmener. "Il y a une photo !" dit-il. Dont acte, voici l'épreuve.

Toujours errant, tapis roulant

Gare d'Umeda, Hankyu. Lacis de couloirs, d'échoppes en tous genres. On y reste debout, on erre par ici ou par là. Les couloirs sont trop longs, les couloirs sont trop loins. Umeda, terre de transit.

Kaneda cup

Tiens, Otomo Katsuhiro s'y colle. Pub pour des nouilles aux accents d'Akira. Pourquoi pas ?

vendredi 2 novembre 2007

Au bord du rail

Mademoiselle, tête en l'air peut-être, a laissé tomber quelque chose. Pas de panique ! Une ombre bienveillante, munie d'une longue perche, viendra pêcher le ballast. Et tout rentrera dans l'ordre. N'est-ce pas, mademoiselle ?

jeudi 1 novembre 2007

Revoir le Todai-ji

Passage à Nara, en fin de journée pluvieuse, de celle où la lumière ne se décide pas, elle reste là, à flanc de terre, rincée et blanche, à attendre de se coucher.

On la laisse partir, disparaître, et, au hasard des souterrains, des temples, des allées, sous les arbres, parmi les lanternes éteintes, on se souvient des autres temps, des temps de Heijo Kyo, des temps où l'on se baladait par ici en tenue, ensemble, où les lanternes éclairaient le passage, où nul bruit ne venait sourdre la quiétude de la colline.



Keisei no Koen


Crystal Tower, Business Park. Lobby.


Twin 21, Business Park. Main entrance.

Ibaraki, c'est fini

On est, pour une fois, au deuxième étage. On est, pour cette fin d'après-midi, en train de regarder ce paysage qui s'étend, là. Ces toits de tuiles, ces immeubles, plus loin, ce temple, perdu au milieu des maisons. On sait que ce n'est plus pour très longtemps, parce que l'on a fait déjà son barda - dans la tête, du moins. C'est encore une vue d'appartement que l'on ne tâchera pas d'oublier, comme on a pu le faire dans le passé.
C'est comme de se dire que, plus on déménage, plus on se doit de faire attention à ne pas complètement tourner une page, mais juste à corner, d'un doigt, une partie de la vie, pour retrouver, plus tard, l'endroit que l'on avait laissé.
Ibaraki a déjà deux marque-pages. Et, qui sait ? peut-être y en aura-t-il d'autres ?

mercredi 31 octobre 2007

Canadajin

S. habite le palier d'en face.
Il joue, il chante.
Il se met vite en colère.
Il monte, il descend.
Il vient de casser sa guitare.

Débamboulation

Suite à l'arrivée de A. et V., perclus de fatigue après un long vol plein d'histoires, je me sens des velléités de guide express. Le temps nous est compté, et que faire d'une journée d'exploration des alentours ? Il faut bien sûr prendre le train, sans quoi cette escapade n'aurait rien de nippon. Repérer un tarif, glisser les sous dans une machine bizarre, composter sous l'oeil du guichetier qui lance régulièrement son bienvenu-merci-à bientôt-vous n'avez rien oublié ? et monter dans une rame, tout en expliquant à mes sémillants voyageurs les subtilités des réseaux ferroviaires du Kansai.

On se rend donc après quelques changements à Arashiyama, coin pris d'assaut lorsque le temps s'y prête, au printemps ou à l'automne. Aujourd'hui, point trop. Juste les badauds d'usage, et les arbres encore verts. Trop tôt. On longe la rivière, on rentre en forêt, on explore un peu ce quartier si tranquille. Un cafetier chez qui nous buvons une tasse nous offre quantité de pâtisseries ; histoire d'hospitalité. On se perd un peu à la lisière de la ville, avant de pénêtrer dans Kyoto.
Là, autre histoire. Autres mesures. Journée pleine, si rapide.

lundi 29 octobre 2007

Ikimasen ka ?


C'est un saisissement. C'est toujours comme cela, au hasard de la promenade, lorsqu'on se dit à quoi bon, allons d'abord à droite, puis à gauche, prenons cette venelle, ou bien, pour faire court, marchons le long de cette route, sous le vent des camions et des banderolles.

C'est une fausse disponibilité aussi. Parce que l'on cherche par devers soi à rencontrer l'instant qui nous arrêtera, qui provoquera quelque chose, une idée, une photo, une conjonction. Et si l'on a dans la tête des séries photographiques à réaliser, alors le jeu n'est plus une chandelle, c'est un candélabre...

dimanche 28 octobre 2007

Hitmen


De la surinterprétation photographique.
Méfiez-vous des morceaux choisis.

samedi 27 octobre 2007

Je crierai ton nom

C'est en regardant la série documentaire The Trap - que je vous recommande - que m'est venue l'idée d'appliquer les deux concepts de liberté développés par Isaiah Berlin à la société japonaise. Oh, rien de bien méchant, car, évoluant au sein même de cette société - enfin, plutôt à la marge, malgré de substantiels efforts - je ne prétends en rien faire preuve de clairvoyance. Un regard critique, peut-être, dont la portée m'échappe. Enfin.

Berlin, en 1958, marque de son empreinte la philosophie politique en mettant en exergue deux concepts de liberté : le premier, la liberté positive, s'applique à l'idée d'auto-détermination, de maîtrise de son propre destin, de la possibilité d'achever une quête. La liberté négative, quant à elle, est l'absence de toute contrainte, ou d'interférence dans les actions individuelles.
L'une et l'autre ont leurs propres tenants et aboutissants, mais Berlin fait remarquer que, si la liberte négative s'illustre par le laissez-vivre consumériste de l'American Way of Life, la liberté positive a prouvé son affinité avec les modèles révolutionnaires et totalitaires, enfermant l'individu dans un système sociétal contraint car poursuivant une quête idéologique contraire à l'épanouissement de la personne. Deux expressions de liberté qui se dévoient à mesure qu'ils poussent leur propre logique.

Si l'on observe la société japonaise depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale, c'est à dire depuis l'occupation américaine et la mise sous tutelle de l'économie nippone, à l'aune de ces deux concepts, on voit se dessiner en filigrane la ligne de partage qui sous-tend la psyché japonaise actuelle : d'un côté, elle est pétrie de liberté positive, en ce sens que l'individu japonais, tout en se considérant partie d'un groupe plus large, sait que cet appartenance est une façon de s'auto-déterminer, de se réaliser à l'interieur d'un systeme clos qui lui garantit une pérennite idéologique et politique. D'un autre côté, la liberté négative - le jouir sans entrave - mine ce ciment idéologique de japonité, car il suppose l'absence de contrainte à l'intérieur même d'un systeme contraint. De quoi s'interroger sur le sens du pulsionnel japonais, de l'enfermement, de l'ostracisme volontaire.

jeudi 25 octobre 2007

Continuum


Quand le temps fait défaut, quand le temps se resserre, quand le temps presse, on saisit peut-être mieux l'instant, on saisit en tout cas une épreuve, un cliché, une saisine. On prends pour soi ce qui sera un souvenir, sans douter un instant qu'un souvenir peut être le miroir d'un autre.


Et si je pérore à propos d'Umeda, c'est bien pour cette raison, pour ce parcours sans cesse répété, qui de la gare Hankyu me mène vers Nakatsu, vers la rivière Yodo, vers des territoires déjà vus, mais à revoir encore. Et que la cellule de mon appareil soit impressionnée, encore, par ces murs, ces bâtiments, ces trottoirs, ces contigences architecturales qui frappe l'oeil.