mercredi 12 janvier 2011

A bon port #1



Calfatage et goudronnage.
Fumées épaisses et cales sèches.
Les chalutiers prennent la fille de l'air.

mercredi 5 janvier 2011

Blanc sur fond

On y pénètre par ces marches raides,
et,
on en sort
par le même chemin
pour revenir abruptement
au sol.

mardi 4 janvier 2011

Ces briques emmurées

Vijaya, 21 mars 1471,

Ma main tremble alors que j’écris ces signes, tant mon cœur est triste et pris d’angoisse. Notre bon roi Pau-Kubah n’est peut-être plus. Notre belle cité n’est maintenant qu’un tas de ruines fumantes et ensanglantées. Seuls quelques cris d’effroi et de douleur percent encore cette nuit écarlate, et je me retrouve seul au milieu des cadavres, dans ce caveau rougi par les feux des derniers combats.

Oh, nous avons lutté. Nous avons cru en cette revanche. Avec courage et opiniâtreté. Mais les cieux n’ont point exaucé nos prières. L’armée du Đại Việt, en surnombre, a finalement réussi à percer nos défenses, et s’est engouffré dans la brèche, taillant, perçant, estropiant, violant, semant panique et désolation dans notre ville condamnée. Ah !, que n’avions-nous sous notre bannière la Déesse Po Nagar, qui d’un regard aurait figé nos assaillants en autant de statues hideuses !

Il n’y a plus de salut à attendre de nos vaillants ancêtres, et mêmes les Dieux anciens ne nous supportent plus. Qu’avons-nous fait pour mériter si cruel sort, nous – fils et filles et Shiva – qui avons vécu tant de siècles dans la paix de ces côtes abondantes ? Je l’ignore assurément, mais je crains notre extinction prochaine, puisque nul sauveur ne viendra nous délivrer des tenailles de Lê Thánh Tông. A moins, peut-être, de remettre notre sort dans les mains de la Devi des océans, et de fuir ces terres désormais hostiles...

jeudi 30 décembre 2010

A l'antenne

Point de morse,
mais juste un tacatacata dans le ciel,
pour les gens alentour.

lundi 27 décembre 2010

Les auxiliaires des semaphores

Ils sont retenus au tronc,
l'équilibre,
ni rouge,
ni vert,
maintenant maintenus,
et donc, passons.

vendredi 24 décembre 2010

A la plume de la grue


Bình Định, 1769.


Mes très chers frères,
voici venu le temps de balayer tous ces princes qui insultent la mémoire de nos Empereurs Vénérables et Vénérés, Ceux qui, ceints de l’Epée du lac des Tortues, firent payer aux Chinois leurs exactions au centuple.
Nous devons nous dresser contre ceux-là qui minent notre souveraineté, qui dilapident notre royaume, à coups de conquêtes absurdes sur les terres occidentales que défendent nos voisins Khmers contre l’ennemi Siamois.
Oui, mes frères, il est temps de saisir cette opportunité !
Phú Xuân, cette fière citadelle, n’est pas si lointaine, et celui qui l’occupe ne saura la défendre contre un adversaire déterminé. Et nous le sommes. Oui, mes frères, nous avons pour nous le peuple et sa révolte contre ces princes futiles et fats, qui mènent le pays à sa ruine. Le peuple a faim, le peuple a soif, le peuple veut sa part de victoire et s’enrichir de butin ! Le peuple peut se mouvoir sous nos ordres, et marcher sur cette cite princière, et qu’importent les pertes !
Il faut d’abord se prémunir contre les iniquités de Nguyễn Phúc Thuần, ce gueux brocardé d’or, et le faire pendre. Alors seulement les Seigneurs Nguyễn sauront à quoi s’en tenir, et ils craindront, du fond de leur retraite luxueuse, la vindicte qui s’abattra sur eux par ce peuple par eux méprisé.

Ensuite, marcher sur Phú Xuân, la prendre, et s’asseoir sur le trône. Et régner sur ce petit bout de pays, pour faire trembler ces princes Trinh qui ne savent rien faire que gémir sous les humeurs du Fleuve Rouge, là-haut, à Thăng Long ! Ceux-la ne méritent point de régner, ces veules avortons sans lignée véritable ! C’est à nous, mes frères, de décider pour le Đại Việt, à nous de prendre les rênes de l’empire et de remporter victoire. Alors nous pourrons sous une même bannière unifier toutes ces terres et mener ce peuple – notre peuple – éparpillé, vers un même but : l’éradication de l’engeance chinoise, cette nemesis qui nous menace à chaque instant et se joue de nos fragiles dissensions. Mes frères, j’attends de vous rudesse et abnégation, maintenant que ce jour arrive. L’aube d’une ère nouvelle transperce l’horizon, et nous ne devons ciller. Regardons, regardons ensemble cet avenir glorieux !
Je vous attends, et je veux ce rassemblement sur la côte, à Qui Nhơn, qui est déjà nôtre. Puissiez-vous haranguer, soulever ! Toi, anh Nhạc, tu dois te rendre promptement à An Lão, An Nhơn, Hoài Ân et Hoài Nhơn pour y galvaniser les villageois. Nul doute qu’ils se rendent à tes prières, épuisés par ces taxes et ces spoliations venues d’en haut. Quant à toi, anh Lữ, c’est à Tuy Phước et Tây Sơn que tu t’installeras, et administreras notre nouvelle armée.
Mes frères, puisse le dragon se retourner contre nos oppresseurs et nous ouvrir la route de la victoire !

Votre dévoué et humble,

Huệ


jeudi 16 décembre 2010

Les réassorts (des fonds de tiroirs, mais qui plaisent aussi)

On ne saurait dire. Franchement, pourquoi, quand on se met à chercher dans les archives, on trouve toujours quelques vieilles épreuves qui viennent se coller à la rétine et qui ne vous quittent pas, quitte, même, à ne pas vous laisser le regard tranquille ? Alors, bon, on rejette un œil critique - mais pas trop - à ces images qui vous font de l'œil, juste pour les replier d'un geste arrondi, dans un de ces tiroirs virtuels que contiennent tous les disques durs.

Et puis, des fois, pas de bol, ça ne suffit pas. C'est le coup de la resucée, de la photo-qu'on-avait-pas-vu-qu'elle-était-pas-mal-finalement.

Et donc :

Les enfants, oui, les enfants, tous en rang, qui écoutent en chœur les discours lénifiants de la maîtresse. Sauf lui, heureusement, dont le visage sera retenu par tous ceux qui passeront par ici.

Le bambou si long qu'il ne rentre pas dans le cadre, et ça tombe bien, parce que c'est de poussée et de croissance et de développement dont il s'agit ici, et des épaules meurtries par toutes ces marches à gravir à toutes heures pour édifier on ne sait quel établissement du côté de Sapa.

Enfin, le profil d'une amoureuse, juste là, dans le Temple de la Littérature.

mardi 14 décembre 2010

WV's landscape

Ce ne sont que des signes : Le Van, ouvert à tous vents ; la tenue bariolée de la jeune demoiselle ; la pose, figée bien sûr, mais toute de détente contenue, à la manière de ces réclames d'antan, devant le paysage arboré du parc.
Un rappel tardif à ces illustrations vantant les cheveux et le vent, la mécanique populaire et les vacances à plusieurs, le voyage à la hippie en somme...

mercredi 8 décembre 2010

Wild Cox

Saisis au vol,
quelques coléoptères roulants,
sur l'asphalte céleste d'un parc dominical.

samedi 27 novembre 2010

Roulent tes billes

Pourquoi abandonne-t-on tous les moyeux ?
Ces moyens de conduire à bon port les cargaisons les plus diverses ?
Ces xe-3-ban aux roues libres et souvent voilées ?
Pourquoi faut-il donc laisser immobiles tous les roulements, les essieux, les pédales, les châssis, afin que la ville voie disparaître peu à peu les véhicules de peu, de beaucoup aussi, les véhicules du vulgum pecus, qui n’ont plus voix au chapitre et voie à emprunter ?

Parce que, bizarrement, la ville veut davantage de carrosses fermés à la rue, davantage de quatre roues épaisses qui ne trimballent dans leurs intérieurs cossus que quelques têtes toutes occupées à ne pas voir au dehors. C’est dommage, certes. C’est surtout triste de ne plus rendre hommage aux pétarades des portefaix à moteur qui parcourent le réseau en quête de tout - ou d'un rien - à transporter...

samedi 20 novembre 2010

En traverses

Oui, il faut probablement le parcourir un peu à pied, ce réseau à une ligne, cette ligne à deux rails, ces deux rails bien droits qui vont en louvoyant le long de la côte d'une ville du sud à une ville du nord. Et puisque l'on foule d'abord le ballast, puis, à cloche-patte, le tablier du pont qui traverse la rivière - la première depuis la gare-terminus de la ville du sud - on peut s'attarder à saisir ces perspectives toutes de lignes, au sol et puis en l'air, qui tracent l'image directe du voyage.

Mais, il faut probablement le parcourir un peu à pied, pour marquer son empreinte, et pour rencontrer aussi les marcheurs des voies, qui ne regardent ni en arrière ni en avant, qui s'écartent peut-être au passage du convoi, lorsque le train se décide à passer là, du nord au sud ou inversement.

Non, il faut surtout le parcourir à pied, un petit morceau de pont, entre l'eau et la terre, et sans loco pour nous faire dérailler.

lundi 15 novembre 2010

En bonne compagnie

Ce sont toujours le long des lignes que l'on trouve les sujets express.
Là, donc, l'œil suit, facile.
Traverses, rails, poteaux, arbres, et ces deux-là qui s'en vont, ou qui tourneront sur eux-mêmes, et le flou qui bouffe peu à peu l'image, dans l'indistinction.
Pour le reste, si, un quidam prêt à passer, d'un autre côté.

dimanche 14 novembre 2010

Faire style

On va de nouveau faire le pont,
et cette fois-ci on sera de l'autre côté,
là,
sur la voie ferrée.

samedi 23 octobre 2010

Hôm nay có cưới #3

Un peu plus tard, et une fois les cérémonies bien entamées, on se pose, et, clope au bec, on fait une mine un peu cinéma. C'est le jour, aussi, pour les postures photogéniques...

Hôm nay có cưới #2

Gloss, et toutes sortes de carabistouilles.
C'est que, ce matin, on ne plaisante pas avec la palette !

Hôm nay có cưới #1

Les matines, pour ce jour qui va s'avérer rempli de toutes ses heures et ses minutes.
Chez la future mariée, on se pomponne avant la venue de la délégation.


Et tout le monde y passe...

dimanche 10 octobre 2010

Victoria Peak

Visions d'archi.
Visions toujours étranges,
Prescience,
Divination,
Détour vers le futur,
Ville nouvelle,
Entassement de ce qui sera peut-être.
Bref, les rendus, c'est rigolo !

lundi 20 septembre 2010

Cracks on the pavement

Mosaïque, encore, d'un projet depuis longtemps laissé à l'abandon.
Le voilà donc, surgi des errances parisiennes, déjà vieilles, mais si pleines de souvenirs.

lundi 6 septembre 2010

Trafic <-> Retour

Voilà le feu,
vert,
rouge aussi.
Voilà les feux,
Oranges,
Rouges souvent.

Voilà les gens.
Couleurs et couleurs
Couleurs tous les temps.