samedi 3 novembre 2007

Siéger au KIX

Kansai Airport. Hall d'embarquement. Passagers en attente, assis, trompant l'ennui, sans battre le pavé. Départ prochain pour Saigon, via Inche'on. Voyage en dent de scie, alors.

Shin church

Reflet impromptu du côté de Shinsaibashi, surpris par R., qui, un soir d'ébriété commune à la saison, s'y arrête. Il m'en fera part quelques jours plus tard, et ne résistera pas au plaisir de m'y emmener. "Il y a une photo !" dit-il. Dont acte, voici l'épreuve.

Toujours errant, tapis roulant

Gare d'Umeda, Hankyu. Lacis de couloirs, d'échoppes en tous genres. On y reste debout, on erre par ici ou par là. Les couloirs sont trop longs, les couloirs sont trop loins. Umeda, terre de transit.

Kaneda cup

Tiens, Otomo Katsuhiro s'y colle. Pub pour des nouilles aux accents d'Akira. Pourquoi pas ?

vendredi 2 novembre 2007

Au bord du rail

Mademoiselle, tête en l'air peut-être, a laissé tomber quelque chose. Pas de panique ! Une ombre bienveillante, munie d'une longue perche, viendra pêcher le ballast. Et tout rentrera dans l'ordre. N'est-ce pas, mademoiselle ?

jeudi 1 novembre 2007

Revoir le Todai-ji

Passage à Nara, en fin de journée pluvieuse, de celle où la lumière ne se décide pas, elle reste là, à flanc de terre, rincée et blanche, à attendre de se coucher.

On la laisse partir, disparaître, et, au hasard des souterrains, des temples, des allées, sous les arbres, parmi les lanternes éteintes, on se souvient des autres temps, des temps de Heijo Kyo, des temps où l'on se baladait par ici en tenue, ensemble, où les lanternes éclairaient le passage, où nul bruit ne venait sourdre la quiétude de la colline.



Keisei no Koen


Crystal Tower, Business Park. Lobby.


Twin 21, Business Park. Main entrance.

Ibaraki, c'est fini

On est, pour une fois, au deuxième étage. On est, pour cette fin d'après-midi, en train de regarder ce paysage qui s'étend, là. Ces toits de tuiles, ces immeubles, plus loin, ce temple, perdu au milieu des maisons. On sait que ce n'est plus pour très longtemps, parce que l'on a fait déjà son barda - dans la tête, du moins. C'est encore une vue d'appartement que l'on ne tâchera pas d'oublier, comme on a pu le faire dans le passé.
C'est comme de se dire que, plus on déménage, plus on se doit de faire attention à ne pas complètement tourner une page, mais juste à corner, d'un doigt, une partie de la vie, pour retrouver, plus tard, l'endroit que l'on avait laissé.
Ibaraki a déjà deux marque-pages. Et, qui sait ? peut-être y en aura-t-il d'autres ?

mercredi 31 octobre 2007

Canadajin

S. habite le palier d'en face.
Il joue, il chante.
Il se met vite en colère.
Il monte, il descend.
Il vient de casser sa guitare.

Débamboulation

Suite à l'arrivée de A. et V., perclus de fatigue après un long vol plein d'histoires, je me sens des velléités de guide express. Le temps nous est compté, et que faire d'une journée d'exploration des alentours ? Il faut bien sûr prendre le train, sans quoi cette escapade n'aurait rien de nippon. Repérer un tarif, glisser les sous dans une machine bizarre, composter sous l'oeil du guichetier qui lance régulièrement son bienvenu-merci-à bientôt-vous n'avez rien oublié ? et monter dans une rame, tout en expliquant à mes sémillants voyageurs les subtilités des réseaux ferroviaires du Kansai.

On se rend donc après quelques changements à Arashiyama, coin pris d'assaut lorsque le temps s'y prête, au printemps ou à l'automne. Aujourd'hui, point trop. Juste les badauds d'usage, et les arbres encore verts. Trop tôt. On longe la rivière, on rentre en forêt, on explore un peu ce quartier si tranquille. Un cafetier chez qui nous buvons une tasse nous offre quantité de pâtisseries ; histoire d'hospitalité. On se perd un peu à la lisière de la ville, avant de pénêtrer dans Kyoto.
Là, autre histoire. Autres mesures. Journée pleine, si rapide.

lundi 29 octobre 2007

Ikimasen ka ?


C'est un saisissement. C'est toujours comme cela, au hasard de la promenade, lorsqu'on se dit à quoi bon, allons d'abord à droite, puis à gauche, prenons cette venelle, ou bien, pour faire court, marchons le long de cette route, sous le vent des camions et des banderolles.

C'est une fausse disponibilité aussi. Parce que l'on cherche par devers soi à rencontrer l'instant qui nous arrêtera, qui provoquera quelque chose, une idée, une photo, une conjonction. Et si l'on a dans la tête des séries photographiques à réaliser, alors le jeu n'est plus une chandelle, c'est un candélabre...

dimanche 28 octobre 2007

Hitmen


De la surinterprétation photographique.
Méfiez-vous des morceaux choisis.

samedi 27 octobre 2007

Je crierai ton nom

C'est en regardant la série documentaire The Trap - que je vous recommande - que m'est venue l'idée d'appliquer les deux concepts de liberté développés par Isaiah Berlin à la société japonaise. Oh, rien de bien méchant, car, évoluant au sein même de cette société - enfin, plutôt à la marge, malgré de substantiels efforts - je ne prétends en rien faire preuve de clairvoyance. Un regard critique, peut-être, dont la portée m'échappe. Enfin.

Berlin, en 1958, marque de son empreinte la philosophie politique en mettant en exergue deux concepts de liberté : le premier, la liberté positive, s'applique à l'idée d'auto-détermination, de maîtrise de son propre destin, de la possibilité d'achever une quête. La liberté négative, quant à elle, est l'absence de toute contrainte, ou d'interférence dans les actions individuelles.
L'une et l'autre ont leurs propres tenants et aboutissants, mais Berlin fait remarquer que, si la liberte négative s'illustre par le laissez-vivre consumériste de l'American Way of Life, la liberté positive a prouvé son affinité avec les modèles révolutionnaires et totalitaires, enfermant l'individu dans un système sociétal contraint car poursuivant une quête idéologique contraire à l'épanouissement de la personne. Deux expressions de liberté qui se dévoient à mesure qu'ils poussent leur propre logique.

Si l'on observe la société japonaise depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale, c'est à dire depuis l'occupation américaine et la mise sous tutelle de l'économie nippone, à l'aune de ces deux concepts, on voit se dessiner en filigrane la ligne de partage qui sous-tend la psyché japonaise actuelle : d'un côté, elle est pétrie de liberté positive, en ce sens que l'individu japonais, tout en se considérant partie d'un groupe plus large, sait que cet appartenance est une façon de s'auto-déterminer, de se réaliser à l'interieur d'un systeme clos qui lui garantit une pérennite idéologique et politique. D'un autre côté, la liberté négative - le jouir sans entrave - mine ce ciment idéologique de japonité, car il suppose l'absence de contrainte à l'intérieur même d'un systeme contraint. De quoi s'interroger sur le sens du pulsionnel japonais, de l'enfermement, de l'ostracisme volontaire.

jeudi 25 octobre 2007

Continuum


Quand le temps fait défaut, quand le temps se resserre, quand le temps presse, on saisit peut-être mieux l'instant, on saisit en tout cas une épreuve, un cliché, une saisine. On prends pour soi ce qui sera un souvenir, sans douter un instant qu'un souvenir peut être le miroir d'un autre.


Et si je pérore à propos d'Umeda, c'est bien pour cette raison, pour ce parcours sans cesse répété, qui de la gare Hankyu me mène vers Nakatsu, vers la rivière Yodo, vers des territoires déjà vus, mais à revoir encore. Et que la cellule de mon appareil soit impressionnée, encore, par ces murs, ces bâtiments, ces trottoirs, ces contigences architecturales qui frappe l'oeil.

mercredi 24 octobre 2007

Shuten de gozaimasu

Ce sont les trains que je prends tous les jours. Ils sont au Kansai ce que la Yamanote est à Tokyo : un réseau de lignes convergentes, d'où l'on part et où l'on va, partout, d'Umeda à Sannomiya, de Juso à Kawaramachi, de Minoo à Takarazuka. On peut ainsi voir glisser le paysage à travers les stores métalliques, bien assis sur ces banquettes de velours vert émeraude, tandis que, de loin en loin, une autre rame couleur lie-de-vin croise la nôtre.

Ah, les trains Hankyu ! Wagons classiques, l'air d'être sortis d'un autre siècle, ils sont révérés par les innombrables amateurs de transports ferroviaires, qui, au Japon, ont fort à faire. C'est que ces trains-là ont une histoire longue et pleine de ces péripéties qui font une épopée. Cela commence vers Minoo, bourgade à flanc de montagne, qui, avec Takarazuka - la colline des trésors - souhaite se relier à Osaka, alors gueulante de commerces et de trafics. On est en 1910, et le train fascine à bon droit les Nippons avides de technologies, de mécaniques, de bruits de fer et de bois. Succès immédiat : les riches aristocrates des hautes pentes du Kansai plébiscitent le rail, et en demandent davantage.


Ce sera, huit ans plus tard, la ligne Juso-Kobe, via Ashiya et Shukugawa, et le réseau, auparavant appelé Minoo Arima Electric Tramway Company devient la Hanshin Kyuko Railway Company, communément nommée Hankyu. La suite n'est plus que multiplication de lignes, alliances de compagnies privées, bref, le commun d'une économie en plein essort, qui construit à tour de bras toutes ces lignes qui joignent Kyoto, Kobe, Osaka, Nara, enfin, tout ce que le Kansai compte de villes, de banlieues, de lieux où l'on offre et où l'on demande.

Histoire d'expansion, donc, d'aiguillages et de terminus, si bien que, bien des années plus tard, le nom Hankyu se voit apposé non seulement sur des trains, mais aussi des hôtels, des grands magasins, des immeubles de rapport ; et que l'on voudrait bien démêler l'écheveau de ce qui est bien un train Hankyu d'un autre, qu'il soit Hanshin ou Keihan. Mais qu'on se rassure : s'il est à l'heure, vide ou bien bondé, avec cet air faux-vieux qui lui sied bien, et ses banquettes vertes de velours tant écrasé, c'est que, oui, vous êtes sur la Hankyu.

mardi 23 octobre 2007

e su ka re taa

Bouches de métros, à Kyoto ou Osaka. Carrelées comme il se doit, bien sûr. Etrange univers de passage, en haut comme en bas, au sec ou sous la pluie.

lundi 22 octobre 2007

Dokodemo ii


Que faire ? Où aller ? A quel prix ?
Voila bien ce à quoi il faut penser, devant de tels tableaux.
Une chose est sûre : il faut partir, aller là où l'on nous attends...

A croche-main

Le soir, toujours. Le train, encore.
Au plafond pendent, en rangs réguliers ces anneaux blancs.
On s'y accroche de temps à autre, au hasard des cahots, des virages, des mouvements de foule.
On s'y accroche pour se soutenir de jambes harassées.
On s'y accroche, en somme.

dimanche 21 octobre 2007

Mamonaku

Quai de la gare, Nichinomiya kitaguchi, le soir, pour le dernier train.
J'ai encore de la pellicule, pour ainsi dire.

Je m'en prends alors aux quidams qui, comme moi, attendent en soupirant qu'on les amène ailleurs.

Photos volées, sûrement, mais portraits éloquents d'une faune nocturne qui s'en retourne, repue, chez elle y trouver un court sommeil, peut-être...

vendredi 19 octobre 2007

A la ligne


Au bord de la Yodogawa. Rivage ruiné par le béton immémorial.
On y pêche par indifférence.
On n'a pas prise.