mercredi 23 juillet 2008

La cour des saveurs

Cela porte le nom de Hawker Center, et c'est là que l'on retrouve la foule aux heures des repas, qui en col blanc, qui en bleu, en jupe, en sari, enturbanné ou nu-tête.
On pénètre dans l'enceinte, toute carrelée, et c'est un marche qui s'ouvre. Des étals proposent tout ce que ce coin d'Asie dispose. On peut ainsi faire ripaille de raviolis à la vapeur, assaisonnés de curry indien, alors que le voisin déguste bruyamment ses nouilles fumantes, et que, plus loin, grillent les steaks pour un en-cas anglo-saxon.
De temps à autre viennent ces Chinoises au verbe haut, qui peuvent en un soupir déclamer toute la carte des boissons. On hésite toujours entre le thé brûlant et le jus de canne glacé. Au mieux, on tente l'inconnu. Et puis, après s'être curé les dents, et repéré l'endroit, on repart dans les rues qui jouxtent Lau Pa Sat.

Amarrées

Au bord de la rivière. Un pont de métal estampillé "Liverpool 1883" l'enjambe. Puis, des quais de pierres centenaires, sur lesquels s'entassent les immeubles, en piles rectilignes.

Des statues y ont élu domicile, et manifestent leur immobilité devant le monde du centre-ville.

Sous les arcades

C'est à Clarke Quay, en fin d'après-midi. Voilà des colonnes colorées en gamme, où l'on se couvre de la bruine, en attendant le crépuscule. Alors, on s'y desalterera d'une Tiger ou deux, à la pression, bien sûr.

lundi 21 juillet 2008

Curves and stones


F. m'en avait touché deux mots, lorsqu'à son retour de Singapour, il avait gardé quelques clichés du nouveau campus de l'université Lasalle. Et c'est donc avec satisfaction que nous tombons dessus, au hasard de nos pérégrinations, et que clic-clac, on en saisit les angles. Enfin, plutôt, ici, la sculpture qui en garde l'entrée.


5000$ Fine

De Singapour, le voyageur n'a qu'une vague idée. Il s'imagine une ville moderne sous les alizés, aux gratte-ciels rutilants et à la population cosmopolite et policée. Il sait qu'il doit prendre garde à ne pas jeter de papier par terre, à s'abstenir de fumer, cracher, et uriner dans les lieux publics, à traverser dans les clous, bref, à respecter un minimum de savoir-vivre.
Ce qu'il ne s'imagine pas, en revanche, c'est que la ville offre de multiples visages, et que s'il s'aventure du côté de Geylang, il retrouvera avec soulagement le bordel qui fait tout le charme des villes d'Asie. C'est entre Kallang et Aljunied, et il y a la quantité de restaurants à même le trottoir où l'on mange le riz à la main, à la cuillère ou aux baguettes, entre deux bouffées de cigarette de contrebande. On s'y interpelle d'une rue à l'autre, tout en reluquant les prostituées qui vont et viennent, de maisons closes en maisons closes. L'on prend garde aussi à ne pas marcher dans les ordures qui s'amoncellent au coin des ruelles, entre deux convenient store.
Le voyageur posera alors son sac dans la chambre de l'hôtel qu'il avait préalablement réservé sur internet, en se disant que les mythes ont la vie dure et l'existence courte.

Raffles place

1818, au large de la péninsule malaise. Quatre hommes, groupés sur le château arrière du navire, scrutent la côte qui s'étend à moins d'un mile. L'un deux, Sir Thomas Stamford Bingley Raffles, l'œil collé à sa longue-vue, semble être perdu dans de savants calculs.

- Jetez l'ancre ici. Il se fait tard et nous ne voulons pas risquer de mauvaises rencontres à terre. Il se pourrait que ces damnés Hollandais soient dans les parages, et ils auraient une très bonne occasion de nous envoyer par le fond.
- Oui, Sir ! Le vaisseau est à l'ancre !
- Mmmh, ainsi c'est donc cela, Singa Pura. L'embouchure de la rivière est un endroit idéal pour y mouiller à l'abri des vents et des courants. Nous organiserons une expédition dès demain pour explorer en amont. J'aperçois une colline d'où nous pourrons dominer le littoral. On y acheminera des pièces d'artillerie. On dit de cet endroit qu'il ne dépend pas du Sultan de Johor, aussi je souhaiterais que nous construisions rapidement une place forte, au cas où.
J'ai envoyé une ambassade auprès de la cour du Rajah de Riau. Tant que nous ne faisons que du commerce, nous sommes tranquilles. Mais autant prendre toutes les précautions... John ! John, vous prendrez quinze hommes et partirez le long de la rivière à l'aube. Je veux un rapport sur la topographie, voir si l'on peut installer un campement non loin de la plage, mais à couvert. Prenez garde aux tigres, ils pullulent dans ces contrées. Charles ! Vous m'avez fait part de vos rumeurs sur une possible présence hollandaise. Vérifiez cela. Je ne peux pas souffrir de voir les Bataves entraver nos efforts. Faites appel à Calcutta, si cela s'avère nécessaire. Vous savez que je ne tolérerai aucun marché d'esclaves. Nous avons assez de prisonniers dans nos cales pour abattre la besogne. Allez ! Capitaine ! Dites à notre escorte de faire silence ! Je ne veux pas un bruit, ni en malais, ni en chinois. Qu'on se taise, les salamalecs reprendront bien assez tôt. C'est bon, disposez ! Je rentre dans mes quartiers, ne nous dérangez pas. J'ai bien trop à faire avec ces courriers à faire parvenir a Lord Hastings et au Vicomte Castlereagh. Londres a beau faire la sourde oreille, elle ne manquera pas de se féliciter d'un nouveau comptoir sur la route de Malacca. Messieurs, bonne nuit !

samedi 19 juillet 2008

Ma non troppo

Derniers souffles de l'accordéon que Z. a déjà rangé dans son étui de skaï noir. On n'entendra plus ces notes virevoltantes ; ou peut-être si, la, solitude fallacieuse mi-dorée mi-bémol, enfin, quand s'arrête le concert.
A plus tard, pour sûr, à Pékin ou ailleurs...

jeudi 17 juillet 2008

Il n'est pas 5 heures

Encore de ces visions nocturnes dans les ruelles de la ville que l'on ne quitte jamais.
L'obscurité au mitan de la nuit y rougeoie toujours, sous les feux de l'urbaine étendue.
Clignotent aussi quelques néons épars, dans ces étages étroits qui nous surplombent.

mardi 15 juillet 2008

Place aux diams

On le trouve en face de l'abside de Notre-Dame la rose, de l'autre côté du boulevard. C'est un bâtiment disparate, avec pour corps principal une réplique néo-coloniale - maçonnerie apparente, motifs néo-classiques, frontons et corniches - surplombé d'une massive tour de verre et d'acier. Bref, un department store qui en jette, comme savent les faire les Coréens de part le monde.

Et dedans, un grand magasin tout de climatisation pourvue, dallé de marbre et parsemé d'étals aux marques si communes. On s'y remaquille, s'y parfume, tout en léchant des vitrines aux horlogeries suisses et huilées. Dans ce décor, l'animation y est toute du cru ; heureusement que l'on s'accroupit, que l'on papote ou que l'on se cure le nez comme à l'accoutumée, ce serait faire entorse à l'étiquette en vigueur que de se tenir coit.

Plus haut, ce sont des salles bruyantes, où louvoie une jeunesse avide de gel pour cheveux et de téléphones pailletés. On se défoule au billard, ou au bowling, à moins que l'on se laisse aller à déguster une crème glacée en observant à la dérobée les belles qui pouffent en cœur.

mardi 8 juillet 2008

Roue de secours

Dans une ruelle du troisième, éclairée d'un spot, voilà nos demoiselles qui soupirent. Est-ce la torpeur du soir qui les envahit ?, la moiteur lourde de cet orage qui ne tombe pas ?, la lassitude de se savoir prête au retour ?

Nenni. Il y a bien un sourire, dans un coin, qui anime le tableau.

Pissetoire

Il est des luttes sans merci où l'on se demande toujours après coup comment diable a-t-on pu réussir, réussir à se faufiler, à jouer de tant de coudes, à écraser tant d'orteils, à psalmodier sciouze-mi, tout en se rapprochant, millimètre après millimètre, de cette issue lointaine et pourtant si proche, qui nous mènera vers cette porte désirée, enviée.
Et quand on y parvient, que d'une succession de gestes précis et saccadés on ouvre braguette, slip, que sais-je encore, et que l'on déverse son trop plein d'humeur, là, on peut célébrer les jambes flageolantes cette petite victoire.
Avant la prochaine fois.

jeudi 3 juillet 2008

My band is nobody

C'est un soir un peu comme tout les autres, mais en musique. C'est un café de beuveries célèbres, où les éclats de voix s'éparpillent entre les tables, les verres, pour se disperser quand les notes s'égrènent. C'est un groupe de passage, qui nous vient de Pékin, et qui pour les vacances joue de plus belle du côté de Saigon. C'est No Name, pratique.


mercredi 2 juillet 2008

In Situ

Enfin mis la dernière patte à ce projet de planches illustratives. De quoi comparer l'avant et l'après, in situ, lors de ces balades incessantes dans les rues de la ville.


L'idée est venue de ces visites régulières sur ces sites de photos d'archives sur Saigon et Cholon - comme celui-ci, ou celui-là. Adjointes aux vues satellites disponibles sur Wikimapia, cela donne un résultat saisissant. Peut-être pourrait-on poursuivre l'ouvrage sur d'autres villes connues. Quelques exemples.



A suivre...

mardi 1 juillet 2008

Est/Ouest

Bien sûr, tout est affaire de perspective. Ainsi d'un empilement posé là sur des cailloux, sous le soleil d'un milieu de matinée. Et encore. Il y a certainement plus grand.

vendredi 27 juin 2008

Crapette vietnamienne

Le jeu, les cartes, le regard et la main.
Un peu de chance, aussi.

mardi 24 juin 2008

Camera obscura

L'œil perçoit la lumière et la restitue sous forme d'influx nerveux à notre bonne vieille cervelle qui en fait ce qu'elle doit en faire.
L'œil ne peut, par contre, se souvenir de ce qu'il a perçu (sauf dans les cas d'éblouissements, ou sa rétine est grillée, totalement ou partiellement, pour quelque temps).

De là, certainement, l'intérêt pour les longues expositions photographiques, parce que c'est toujours intéressant de capter avec un appareil ce que l'œil ne peut faire. Saisir peu à peu une bruine de photons jusqu'à exposition suffisante d'une surface sensible. Inscrire l'image dans une durée de prise de lumière, c'est donner une dimension à la photo qui en est le plus souvent démunie.

Alors, donc, prenez une nuit, peu de lumière, mais une ou deux, tout de même. Placez une chambre photographique sur un support fixe, et ouvrez l'obturateur. Attendez le temps qu'il faudra.

lundi 16 juin 2008

Deboue

Youpi, une flaque.

Allez Boo ?

Du bambou, plein de trucs. Qu'il y en a tant et tant, au Vietnam comme ailleurs, et que les variétés sont si diverses que les critères de différentiation considèrent la couleur, la taille et la croissance, la structure des feuilles, des noeuds, la fréquence des floraisons, le rôle des fleurs, la coupe du tronc...

Et qu'aussi l'on aurait ouï un "Bam ! Boo !", lorsque de lointains explorateurs, dans ces contrées proches du Capricorne, eurent par mégarde allumé un méchoui avec ce bois souple et filandreux qui pousse partout.

Que - c'est vrai, tenez-vous - il y a des bambous à section carrée, dans les montagnes au nord du pays tonkinois.
Qu'enfin, l'on peut visiter tout cela à 45 minutes au nord de Saigon.

mercredi 11 juin 2008

Encarte

tatatata ! Sans prélude aucun, me voici nanti d'une nouvelle carte.
Carte de visites, au pluriel, donc.

Pour y écrire : buidoiphoto@yahoo.com

mardi 3 juin 2008

La salle à manger - Rappel

- Ta mère m'a dit que t'étais malade ce matin.
- Oui je suis malade.
- C'est pour ça que t'es pas allé à l'école ?
- Je suis malade j'ai vomi deux fois.
- Si t'es malade faut que tu retournes au lit c'est tout ce que t'as à faire.
- Tu n'es pas montée faire ma chambre ce matin. Pourquoi ?
- Parce que je pensais que tu dormais voilà pourquoi Monsieur.
- Non je ne dormais pas je restais étendu là Je t'attendais.
- Comme si je n'avais que ça à faire! Depuis que Maria est partie j'ai deux fois plus de travail l'argenterie les lavabos du rez-de-chaussée et tous les lits.
- Maman a dit que tu allais nous quitter.
- (astiquant) Quand est-ce qu’elle a dit ça ?